L’EMDR, une thérapie brève et « muette »

Coucou, toi !

Il faut en parler.

Très facile à dire, mais pas toujours à faire. Certes, c’est important de s’exprimer, de mettre des mots sur les choses, de faire sortir toutes ces pensées qui te bouffent de l’intérieur. Pour aller mieux. Mais le dire… à qui ? Quand ? Et comment ? Et puis, non, non… Non, tu ne veux pas en parler, ou tu ne peux pas en parler. Peut-être que c’est la peur qui te serre l’estomac, ou alors les mots restent tout simplement coincés au fond de ta gorge. Peu importe la raison de ce silence, l’EMDR pourrait t’être d’une grande aide.
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Qu’est-ce que c’est ?

Le sigle « E.M.D.R. » correspond à l’anglais « Eye Movement Desensitization and Reprocessing ». Traduction : désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux. Pour faire simple, il s’agit d’effacer les émotions négatives liées à des souvenirs traumatiques, juste en faisant aller et venir le regard de droite à gauche, puis de gauche à droite, etc. Rien de bien compliqué en somme ! Assez controversée, cette technique est pourtant de plus en plus connue, et reconnue : pour te donner un exemple, le premier (et seul) psychiatre que j’ai consulté après mon agression m’a directement dirigée vers cette thérapie (2 ou 3 séances, avait-il dit). Sache tout de même qu’il est aussi possible que le ou la thérapeute utilise des stimuli auditifs ou qu’il tapote le dessus des genoux ; honnêtement, je ne cherche pas à comprendre le pourquoi de la chose, mais ma thérapeute me demande toujours si elle peut me toucher, et ton accord est important, surtout si le contact physique te pose problème.

Certes, nous avons tous des besoins différents, mais en général, il ne faut pas beaucoup de séances d’EMDR pour traiter le problème concerné – d’où sa qualification de « thérapie brève » .
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À qui s’adresse l’EMDR ?

Cette technique est dédiée aux personnes qui ont vécu un traumatisme : cela peut être une agression, un accident de voiture, une catastrophe naturelle, mais aussi une séparation ou un deuil difficile, une fausse couche, etc. Tu peux donc tenter ce type de thérapie si tu souffres d’un état de stress post-traumatique (ESPT), ou alors d’un autre trouble (phobie, dépression, TOC, etc.) qui peut être la conséquence d’un traumatisme inconscient.

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Mon expérience

Je ne suis pas spécialiste du sujet ni thérapeute, donc je ne connais pas le « protocole » ; le mieux reste de se renseigner auprès d’un professionnel. Mais  je peux te parler de mon expérience personnelle avec l’EMDR.

J’ai été violée. Et ce, dans des conditions qui ont fait que, lorsque le dit psychiatre dont je viens de te parler m’a orientée vers l’EMDR, je ne voulais pas y aller. Parce que j’en avais affreusement peur. Puis je suis allée voir ma gynécologue (pour des raisons purement biologiques apparues après mon agression) et elle m’a dirigée vers une psychothérapeute avec laquelle j’ai patiné pendant un moment… À vrai dire, je ne lui ai jamais dit pourquoi je venais la voir – je n’y arrivais pas. Mais cette expérience n’a pas été complètement stérile ! Elle m’a donné envie de m’en sortir, et donc de suivre une autre thérapie. Ouep. J’ai donc demandé à ma mère de prendre rendez-vous avec ma thérapeute actuelle… que j’avais aussi refusé de voir quelques mois auparavant (ouais, concrètement, je n’avais envie de voir PERSONNE). Je n’étais pas certaine qu’elle allait me faire faire de l’EMDR, mais il y avait un risque. Qui s’est confirmé quand elle a pris un gros feutre orange et qu’elle me l’a ostensiblement mis sous le nez.

Ceci est un effaceur.

Dès le début, j’ai senti la peur glisser tout le long de ma colonne vertébrale jusqu’en bas du dos. Extrêmement désagréable. Mais c’est aussi et surtout cela, l’EMDR : être à l’écoute de son corps, de toutes les sensations qui peuvent le traverser. L’esprit s’exprime à travers lui, il suffit d’écouter attentivement ses messages.

Pour résumer comment se déroule une de mes séances : je dois me concentrer sur les souvenirs, qui produisent alors, dans une partie de mon corps, des sensations (tactiles, colorées, etc.) que je dois décrire en un ou deux mot(s). Puis je dois expliquer comment m’en débarrasser (en coupant, en frottant, etc.). Suivent les mouvements oculaires (en suivant ceux du stylo) pendant lesquels je visualise cette manière spécifique dont je dois m’en débarrasser. C’est quelque chose qui, personnellement, me demande beaucoup de concentration, et de manière plus générale, cela demande une vraie intention de se débarrasser de toute cette négativité. Il faut vraiment le vouloir, avec ses tripes ; la thérapie n’en sera que plus efficace, puisqu’il s’agit d’une méthode d’autoguérison. Pour reprendre le déroulement de la séance, les mouvements sont suivis d’une petite pause où je prends le temps de ressentir le nouvel état des sensations : elles s’en trouvent toujours changées. Éclaircies, allégées, améliorées. Puis on recommence le processus.

J’en sors toujours exténuée. Ma thérapeute m’a prévenue de cette forte consommation d’énergie qui peut vider, mais aussi de possibles soucis de transit dans les jours qui suivent (puisque tout comme l’esprit, le corps se purge de toute cette négativité).

Mon bilan est très positif, cette méthode fonctionne à merveille sur moi. J’ai beaucoup pleuré lors de la première séance, mais peu ou pas à la seconde. La première a remué beaucoup de choses, la seconde en a expulsé une partie.  Ce n’est certes pas terminé et je pense que j’aurai encore à faire d’autres séances (le combo culpabilité/honte, c’est du coriace quand même…), mais l’EMDR a débloqué beaucoup de choses. J’ai même réussi à dire à ma thérapeute ce qui s’était passé. Succinctement et pas très aisément. Mais sans avoir envie de me mutiler ou de disparaître instantanément, comme ça avait été le cas lors du dépôt de plainte, de la confrontation ou encore de l’expertise psychiatrique.

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Pour résumer : les souvenirs restent, mais de manière complètement neutre et factuelle, sans émotion associée.

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Reste prudent(e) – et contre-indications

Si tu est intéressée par ce type de thérapie, ne va pas voir n’importe qui – on ne sait jamais sur qui on tombe. Choisis un thérapeute agréé, quelqu’un qui a été correctement formé. Et qui pourra aussi t’informer sur les contre-indications possibles. Les seules que j’ai pu trouver sont les psychoses, les états suicidaires et les récents troubles cardiaques, mais mes sources ne sont pas ultra-fiables. Donc renseigne-toi bien avant de te lancer là-dedans.

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Un site utile à consulter : EMDR-France

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Si tu as la moindre remarque ou question sur le sujet, laisse-la dans les commentaires.
Et si tu as déjà suivi ce genre de thérapie brève, n’hésite pas aussi à la partager, pour compléter l’article et peut-être aider quelqu’un d’autre qui pourrait passer par là.
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Et surtout, prends bien soin de toi.
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L’Art d’Aller Mieux.

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Photo.

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6 thoughts on “L’EMDR, une thérapie brève et « muette »

  1. Merci pour le partage de ton expérience. J’ai entendu parler de l’EMDR lorsque j’étais étudiante en psycho sans jamais aller plus loin dans mes recherches.
    Je te souhaite bon courage pour tout June et je vais continuer de lire ton blog parce que j’aime ce que tu y racontes et ton écriture !

    1. J’ai l’impression que c’est une méthode qui reste pas mal controversée ; et je trouve ça dommage que certains la laissent de côté juste parce qu’on ne sait pas exactement comment ça fonctionne, surtout qu’elle est plutôt efficace ! En tous cas, je suis contente que ça puisse t’éclairer 🙂
      Et merci beaucoup !

  2. Merci pour ton article! Mon copain m’a avoué récemment qu’il suit une thérapie avec de l’EMDR aussi, et quand il m’en a parlé, j’ai pensé à ton article qui m’a fait découvrir ce moyen et j’ai ainsi pu savoir de quoi il parlait ^^
    Je suis contente que cette méthode t’apporte du positif!

    1. Oh que oui ! Mes séances ont été une vraie bouffée d’air ^^
      Je suis contente de t’avoir fait découvrir cette méthode. Et, sans indiscrétion, ça lui réussit bien, à ton copain ? 🙂

      1. Oui d’après lui, ça lui réussit très bien alors qu’aller « simplement » chez un psy ne lui a pas été utile, mais de son côté, ce n’est pas une thérapie brève du tout ^^ (il a commencé il y a un an et demi) Il a plein de sujets d’angoisse et de stress, donc ça en fait des choses à traiter, mais ça avance ^^
        Je suis contente que ça te fasse du bien aussi en tout cas 🙂

        1. Tant mieux si c’est efficace pour lui !! Surtout si une tentative de psychothérapie plus classique ne l’a pas été. À vrai dire, plus d’un an après cet article, je me rends compte que l’EMDR ne se suffit pas non plus à elle-même (en particulier dans les cas lourds). Je vois davantage cette méthode comme une béquille permettant à un autre type de thérapie d’être réellement efficace 🙂

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