À toi qui m’as violée, aussi

_______________ 31 mai 2017 _______________ Ce n’est pas avec une grande joie que je t’écris ceci. En fait, j’ai l’impression d’avoir un magma infâme qui bouillonne dans mon estomac et dans ma gorge ; et j’ai juste besoin de le vomir, pour éviter de sombrer avec. J’aurai mis du temps à l’admettre… À le réaliser d’abord, puis à l’admettre. Je pense que c’était plus facile pour moi de me dire que l’étranger, vieux et répugnant, m’avait violée. Plus difficile de prendre conscience que l’une des

Hello 2016 !!

Ça y est, 2015 est enfin terminée. Une année lourde mais qui, pour ma part, a été un grand booster. Un appel à vivre, à avancer. J’ai beaucoup changé, grandi, appris. J’ai aussi libéré, guéri pas mal de choses. Il me reste encore du chemin à faire, mais je n’ai jamais été aussi confiante en l’avenir. Et heureuse d’être là, pour en profiter au maximum ! Alors, aujourd’hui, comme beaucoup de monde, je fais un bilan de cette année qui vient de s’achever et je

La peur du viol des autres.

Je suis une grande angoissée. Et déjà lors de ma première année d’études supérieures, j’avais acquis cette vigilance. Une sorte d’alerte constante au cas où un, ou plutôt une, de mes voisines se ferait agresser, tout près – afin d’intervenir au besoin. Je pense que cela vient aussi bien de ma nature très peu… zen, mais aussi du fait que je me retrouvais dans un immeuble. Et oui, en quittant une maison isolée pour atterrir dans un lieu de vie aussi mal insonorisé, j’avais développé

Encore un avis de passage…

Comme tous les lundis, je suis allée en cours. J’ai suivi comme j’ai pu. J’ai la tête ailleurs en ce moment, dans le partiel de demain matin. Puis je suis rentrée et, assez machinalement, j’ai jeté un rapide coup d’œil dans ma boîte aux lettres. Ça fait quelques semaines qu’elle ne me fait plus aussi peur. Tout ce qu’on peut y trouver, ce sont des publicités ou des factures. Rien de bien méchant, rien qui ne sorte de l’ordinaire. Mais aujourd’hui, caché sous un fascicule

Aujourd’hui, j’ai 21 ans.

« La majorité internationale ». Je ne l’ai pas vue arriver. Trop vite. Sans la moindre envie. À vrai dire, je l’avais presque oubliée. Comme si le temps ne s’écoulait plus vraiment. D’ailleurs, j’ai beaucoup de mal depuis ça, à me souvenir spontanément de mon âge. J’ai l’impression de ne plus vraiment en avoir. Aujourd’hui, je ne fêterai pas ce temps qui passe. Insaisissable, et invisible. Aujourd’hui sera une journée lambda. J’irai à la bibliothèque, en amphi ; je travaillerai sur mon mini-mémoire, je reprendrai mes cours. Je ne

Silence radio.

Pas de nouvelles. Depuis longtemps. Enfin, depuis un mois et demi. Mais j’ai l’impression que ça fait des années. Je l’ai lu le 21 septembre, ce dernier courrier. C’était le « réquisitoire définitif de renvoi devant la cour d’assises ». Un nom long, pompeux, qui marque la fin de l’instruction et de l’arrivée régulière de recommandés dans ma boîte aux lettres – et aussi de cette paranoïa de la dite boîte aux lettres que je vérifiais au moins 3 fois par jour, même la nuit. En gros,